Pérégrinations Lourdesques et changement de cap

Aurélie is taking a moment to admire one of the church in Lourdes.

Avant de vous faire part de nos aventures au pays des serpents, mygales et autres crocodiles, nous voulions clore le chapitre de nos aventures en Europe…

Ainsi aller à la source des miracles ne suffit pas à en être l’objet… Et après avoir côtoyé la mort, nous voulions nous rapprocher du vivant sacré.

Toulouse, la ville rose

A l’arrivée, le choc… Quitter un hameau coupé du monde ou presque, et débarquer deux heures plus tard dans la Toulouse grouillante, euphorique et effervescente du 14 juillet. (N.B. : hé oui, au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, nous publions nos articles en décalé pour nous permettre le temps de la rédaction et le travail des photos…) Le choc est d’autant plus grand qu’un concert gratuit d’une multitude d’artistes – dont David Guetta, Feder et Julian Perretta – prend place en plein centre-ville ce même jour et que plusieurs centaines de milliers de personnes sont donc rassemblées.

Outre le bain de foule, les files d’attentes et le bruit omniprésent, les nombreux barrages routiers, policiers armés et fouilles corporelles pour accéder à certains secteurs de la ville ne font rien pour adoucir la transition. C’est donc armés de patience et de self-control que nous tentons de nous frayer un chemin pour découvrir la ville. Oui, le 14 juillet, c’était mal choisi… mais il paraît que le feu d’artifice y est fantastique…

Bref, quelques heures à nous faufiler entre boulevards trop peuplés, parc public envahi et pont infranchissable, nous finissons par sortir du secteur d’affluence et prendre les chemins de traverse pour trouver notre « spot » et regarder le feu d’artifice qui ne devrait plus tarder. Encore un peu de patience et le voilà qui démarre. D’où nous sommes, nous voyons un peu du spectacle mais n’apercevons rien du « feu » sur la Garonne ni n’entendons rien de l’accompagnement musical qui lui est dédié. Dommage… d’autant que le peu de plaisir que nous avons est gâché par un groupe d’adolescent qu’une trop grosse absorption d’alcool rend affreusement bruyant et envahissant. Las de supporter leurs débordements, nous en venons à nous réjouir de la fin du feu. Ni une, ni deux, le final ayant retenti, nous avalons les quelques centaines de mètres qui nous séparent de notre logement et filons au lit.

Au réveil, la découverte des marchés toulousains et des splendides édifices des briques roses font notre émerveillement. Le tout couronné par la visite d’une vente de tapis persans – sortis tout juste des saisies de douanes de Paris… Rires garantis ! Sans compter les nombreuses connaissances que nous y avons acquis 😊 ! De quoi ne pas nous faire rouler lors d’un futur achat… Merci Réza !

Après toutes ces aventures, nous aspirons à un peu de calme et de recueillement. Et comme je rêve d’y aller depuis mon pèlerinage à Compostelle, Yann concède à ce que nous fassions un passage par Lourdes.

Lourdes, ou le Khao San Road français
Shops and hotels everywhere, welcome in Lourdes !

Dans mon imaginaire, Lourdes est un petit village saint aux pieds des Pyrénées. Les gens y sont en recueillement et il y fait bon s’y promener. Il y a une petite grotte où ont eu lieu les apparitions et certainement une modeste église, le tout baigné dans un respect et une empathie certaine.

Heureusement, des téléphones avec la maman et le papa de Yann avant notre départ nous poussent à envisager que cela ne sera pas franchement comme je l’imaginais…

L’arrivée en bus à la gare routière ne laisse rien présager, mais sitôt que nous nous mettons à cheminer, nous constatons une quantité impressionnante d’hôtels, de pensions et de restaurants, majoritairement des fast-food… – Nous apprendrons plus tard que Lourdes est la deuxième ville hôtelière de France, juste derrière Paris et loin devant Lyon, Marseille, Bordeaux ou que sais-je. –

Un peu plus loin, nous arrivons au Boulevard de la Grotte. LA rue principale de Lourdes. Mais à ce stade, je ne sais si on peut encore appeler cela une rue… Il y a tellement d’enseignes, d’hôtels, de restaurants, d’échoppes et autant de personnes siégeant sur le bord du trottoir prêtes à nous bondir dessus pour nous harponner au passage et nous attirer dans leur auberge, boui-boui indien ou africain ou encore dans l’une des innombrables boutiques religieuses qui ne vendent que des croix, des chapelets et des bouteilles en plastique pour emporter l’eau de Lourdes. Nous ne savons plus où donner de la tête. Ce fourmillement et cette surabondance donnent la nausée. Yann et moi nous regardons estomaqués… C’est donc ça Lourdes ?!

Khao San, Mumbai, Dehli, Yogyakarta, même Dharamsala ou Bénarès, oui… Mais pas Lourdes… !

Grey clouds over Lourdes church …

Mais voilà, à force d’arpenter ses rues, d’admirer sa basilique somptueuse, d’aller chercher de l’eau sacrée à sa grotte et de découvrir ses ruelles ignorées de la foule, elle se dévoile à nous sous un autre jour et nous révèle certains de ses mystères…

Alors que j’en profite pour me ressourcer, les jambes de Yann ne tiennent plus en place et il décide alors de partir quelques jours dans les montagnes alentours. Malheureusement la météo ne lui sourit pas et sans un clin d’œil du destin, cette escapade lui eut été très fade ; En marchant dans la pluie et le brouillard, il voit un objet par terre enfoui sous une belle motte de boue. Afin que son propriétaire ait une chance de le trouver, il s’en saisit, le déplie et le pose sur un poteau de parc. Cet objet se révèle être une casquette et sous la boue qui la recouvre encore, un logo apparaît alors. Curieux, Yann écarte la boue restante et découvre alors qu’il s’agit du logo de son école de parapente en Suisse : « Les ailes du Léman ». Comment cette casquette a-t-elle bien pu atterrir dans les Pyrénées à près de 1000km de son lieu de départ ?! Et quel « hasard » que Yann la trouve là…

Les ailes du Léman … dans les Pyrénées !
Départ pour la capitale
Beautiful night sky after rain.

De mon côté, le ressourcement sur Lourdes ne suffit pas à résoudre quelques soucis de santé qui sont apparus. Nous remontons donc sur Paris pour avoir un suivi de meilleure qualité. Nous en profitons ainsi pour voir la famille et les amis qui nous ont tant manqué… 5 mois que nous sommes partis, c’est peu et beaucoup à la fois. Notre quotidien a tellement changé, nous avons vécu tant d’aventures. Et pourtant, lors de ces retrouvailles il est si difficile d’exprimer à quel point nos référentiels sont bouleversés ! Heureusement, les liens d’affections font que malgré l’absence et les différences, on se retrouve comme si on ne s’était jamais quitté.

From France with love

Cette halte sur Paris irisée de moments de complicité avec ceux que nous aimons, mais quelque peu nuancée par les visites médicales nous pousse à passablement de réflexion. Nous prenons conscience du privilège que nous avons à pouvoir vivre et voyager comme nous le faisons. Mais nous réalisons également que cette opportunité est fragile et qu’il nous faut ainsi profiter au maximum de chaque instant qu’il nous est donné.

Changement de cap
A perfect example of international cooperation : one is useless without the other !
A win-win situation gets everyone happy !

Deux-trois nuits sans dormir, un petit brainstorming et voilà qu’une nouvelle idée émerge : l’Australie. Et comme nous devons mettre un holà sur la marche, rien de tel qu’un petit road trip pour découvrir l’immensité de ce continent. Eh oui, c’est bien loin de ce que nous avions initialement projeté, mais il y a des éléments non planifiables qui sont pour ainsi dire venus nous barrer la route. Alors plutôt que de nous acharner sur ceux-ci, sachons tirer le meilleur de la chance que nous avons !

Ni une, ni deux, nos visas sont demandés, nos vols réservés et il ne nous reste plus qu’un saut de puce en Suisse pour embrasser famille et amis de l’autre côté de la frontière avant de nous envoler pour 40 heures de trajet. Eh oui, un vol pour l’Australie à 450 euros, ça se mérite 😊

Allez, à tout plus depuis l’autre bout du monde pour notre prochain post ! Mais pour les petits curieux, nous avons déjà mis en ligne (sur facebook) quelques photos de ce continent que nous découvrons tout juste.

Alors see ya’ mates!

Y & A

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